#06 – Dis, tu m’aimes ? Non, j’te baise.

Je le regarde et lui demande: « Dis, tu m’aimes?  »
Tu détourne les yeux, gêné par la situation, tes mains jointes entre tes jambes nues. Je n’ose pas insister, pourtant, je continue de te fixer, attend une réponse, ta réponse. Enfin, ton visage se tourne vers moi. Tu souris, mais ne témoigne aucune joie, seulement la victoire.

Tu la vois cette souffrance en moi, t’en a pleinement conscience car elle est palpable. J’ai qu’à lever les yeux vers toi, pour qu’elle te pénétre. « C’est attendrissant, t’as l’air d’une enfant. » Tu me parle tendrement, alors je baisse ma garde. Un peu. Car au fond je sais ce que tu veux. Mais j’espère. J’espère toujours que tu sois différent des autres. Non. Jamais. Tu ne l’es pas. Tu m’embrasses. Je me laisse faire car j’aime ça. C’est un acte intime, d’amour. Tes mains se baladent. Tu t’allonges sur moi et je me sens prise au piége. Tu as gagné. Mon corps est à toi. Tu le posséde, le souilles. Tu crois que je kiffe ça, que je prends mon pied. Non, je ne peux pas. Je ne ressens rien, car tu n’éprouve rien pour moi.

Les autres me prennent pour une salope, toi aussi tu me prends pour une salope. Tu me le dis dans le creux de l’oreille. Ca me dégoute, j’ai envie de fuir. Je lutte, j’ai envie de te faire mal. Tu prends ça pour un défi. Je me dégoute, car je sais que t’as raison. Tu recommences, une, deux voire trois fois. Je n’essaye même pas de te repousser, car c’est ta présence que je réclame. Tes bras quand tu es au repos. Cet après, que bientôt tu romps d’un « ‘faut que j’y aille« .

« Dis, tu m’aimes ? »

Je n’obtiendrai jamais de réponse. On sait tous les deux que tu en es incapable.

Tu pars et je me sens encore plus mal qu’avant ton arrivé. J’examine mon lit défait avant de détourner le regard et me mettre à pleurer. A qui vais-je me plaindre maintenant que tu m’as atteinte ?

La solitude grandit autour de moi. Ce sentiment d’insécurité qui a besoin d’être comblé. Je demande juste à m’endormir en cuillière sous la caresse de tes doigts dans mes cheveux. Ressentir la chaleur de ton regard, la force de son sourire quand il me dévisage, sa bienveillance… Ma faiblesse d’esprit te permet d’atteindre mon corps, car tu t’en fou de moi. Tu t’en fou de qui je suis, de comment je m’appelle, de mon passé, de ma sensibilité, de mes ressentis… Pourquoi je suis mal, pourquoi ma vie est aussi chaotique. T’as marqué ton territoire et tu rajoutes des cicatrices à toutes celles que j’ai déjà. Creuse, creuse les plaies dans mon corps, ouvre mes cuisses et fou moi des claques. C’est tout ce que je mérite. Quand tu vois ma tête d’enfant ennuyeuse et chiante, c’est ce que tu te dis. Faut la maitriser, elle est trop contrariante. Pourquoi elle dit non, alors qu’elle a l’air d’en avoir autant envie ?

Le sexe c’est le frisson qui parcours deux êtres qui s’aiment, celui qui lie deux personnes. Le souffle chaud contre ma nuque qui exprime tout son amour sans avoir besoin de parler. J’voudrais croire que ça puisse encore exister. Sans connaître l’abandon, ni la fuite. J’voudrais… j’voudrais… J’pense à toi et à tous les autres. Ceux pour qui j’ai eu des sentiments, ceux pour qui j’ai cru qu’ils en avaient pour moi, ils ne sont jamais revenus. Les autres non plus d’ailleurs. Aucun. Et toi non plus tu ne reviendras pas.

Un corps. Et rien d’autre. Du sexe. Puis une porte qui claque. Les cris, puis les larmes. Le silence. Toujours. Les hommes ne savent pas m’aimer, ils ne savent que m’baiser.

Inspiré par « la maman et la putain », mis en musique par Diabologum

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