Qu’est-ce que tu voudras faire plus tard ?

« Qu’est-ce que tu voudras faire plus tard ? » me demandait-on, petite. « Écrivain » « Oui, mais ça, ce n’est pas un métier. Alors, qu’est-ce que tu veux faire plus tard ? » « Je ne sais pas« . Non, je n’ai jamais su et encore aujourd’hui, cette question me tourmente. Les soumissions de dossiers pour les masters ont commencé, il est donc primordial que je fasse un choix, un choix qui me conduira vers mon futur métier. Mais quel métier vais-je bien pouvoir faire plus tard ?

En fait, si, je sais ce que je vais faire. Je le sais depuis longtemps, mais de par cet avenir qui me paraît précaire et incertain, je me suis mise des barrières. Je m’imposais d’avoir un emploi fixe, la sécurité de l’emploi, un métier alimentaire avant tout, car c’est ce qu’on m’a inculqué dans mon éducation. Dans la société actuelle, qu’est-ce qui est encore certain ? Rien, absolument rien ! Alors pourquoi je me restreindrais, je briderais mes envies, alors que cette passion, c’est ma vie ? Écrire fait partie de moi. C’est en droit que j’ai découvert ce que je voulais faire. J’étais si déterminée… Qu’est-ce qui a changé depuis ? Pourquoi des doutes sont nés dans mon esprit au point de me détourner de ce désir ? 4 ans que j’ai envie de faire ce métier, 3 ans que je fais des études de lettres dans cette unique perspective.

Voici le genre de débat intérieur qui a eu lieu dans mon esprit pour déterminer quel master je pourrais faire, alors que finalement, la réponse était évidente…

Dois-je choisir le master MEEF spécialité documentation pour devenir documentaliste ?
Il y a une dizaine de jours, j’ai été à une réunion sur les Masters. La personne qui présentait le master MEEF, m’a juste donné envie de fuir vite et loin. Elle nous présentait cela comme un projet suicide à cause de la nouvelle réforme. Un tiers des étudiants avaient abandonné au cours du premier semestre et elle estimait que la moitié seulement des survivants parviendraient à obtenir le CAPES. La langue vivante ne se cumule pas avec les autres matières. Cela me pose un problème puisque je suis nulle en anglais. Je serai capable de foirer mon année juste pour cela. Dans cette filière on cumule les stages, les rapports de stages, les CAPES blancs et les cours. Non, toute cette pression qui pèsera sur mes épaules, je ne la supporterai pas. Et louper une autre année, je ne peux pas me le permettre. D’autant plus, que je ne sais absolument pas si cela me conviendra ou non. C’est finalement beaucoup de risques et d’investissement, pour un résultat qui n’est pas garanti.

Dois-je choisir le master création littéraire pour écrire ?
Bien sûr, j’adorerai passer deux années consécutives entourée de personnes comme moi, passionnées par l’écriture. Présenter un projet littéraire plutôt qu’un mémoire ce serait le pied. Mais que vais-je faire là-bas, toute seule au Havre ou à Paris ? « Il faudra que tu travailles, car on ne pourra pas tout te payer » me disent mes parents et c’est normal. Mais mon travail ce sont mes livres ! Et puis, aurais-je toujours autant envie d’écrire, lorsqu’on me dira que la qualité de mes écrits n’est pas aussi bonne que je le croyais? Lorsqu’on me contraindra à écrire des choses pour lesquelles l’inspiration ne vient pas, bloquant devant ma feuille comme face à une copie juridique, verrais-je toujours l’écriture comme un plaisir ?
Ce ne sont que des « si », mais des « si » trop nombreux pour me permettre d’être sûre de moi, de ne pas avoir envie de me flinguer en plein milieu d’année car j’en peux plus d’être seule, loin de mon copain, mal jugée sur mon travail et sans perspective d’avenir. Car oui, je voudrais bien le savoir: quelle porte cela m’ouvrira à la sortie du master ? Si quelqu’un pouvait me le dire, alors peut-être que oui cela changerait tout. Peut-être que je prendrai ce risque fou de tout plaquer, comme ça, par passion. Si on pouvait m’assurer que ces deux ans pouvaient faire de moi un auteur réputé. Mais non, je ne pense pas que l’université me permettra d’entrer à Gallimard, même si ma technique s’améliore considérablement, même si je me fais des contacts. Le milieu du livre si fermé que je me demande comment je pourrais réussir.

Et pourquoi pas un master recherche suivi d’un master professionnel édition pour travailler en édition ?
Le master recherche, à cause de ce mot « recherche », ne me plaisait absolument pas. J’étais partie sur l’optique, « tout sauf ça ». La réunion de master m’a fait changer d’avis. J’aimerai mener un travail de recherche sur l’avenir du livre, sur l’auto-édition et quelle place a le lecteur dans cette dynamique. Cela me permettrait de mieux cerner les problématiques actuelles et les solutions qui peuvent être apportées. Le master pro édition est un master très sélectif et la crainte de l’échec ne me quitte pas.

Mais depuis quand je m’arrête par peur de l’échec ? Le métier d’éditeur est celui que je souhaite faire depuis si longtemps. Je m’auto-édite déjà, pourquoi ne serait-ce pas capable de monter ma propre structure et d’éditer d’autres auteurs ? Ce n’est pas un métier qui s’improvise pour autant, avoir des bases, des connaissances techniques est essentiel. Ceux qui réussissent sont ceux qui s’en donnent les moyens. Ne suis-je pas de ces personnes-là ? Par passion, je travaillerai jusqu’à la déraison. Jusqu’à voir double à force de fixer l’écran de mon ordinateur pour effectuer des corrections, jusqu’à avoir mal au dosn à force de rester toute la journée dans ma chaise de bureau sans bouger. Et cela est déjà une réalité. Éditer des livres me passionne tout autant que l’écriture, car c’est à mon sens une autre façon de créer et d’offrir à l’auteur autant qu’aux lecteurs un travail fini et abouti.

Toutes ces questions, alors que la réponse était là, en moi, depuis longtemps. L’année prochaine je ferai donc un master recherche suivi d’un master pro édition. Et si je ne suis pas prise dans ce master ? Tant pis, je ferais en sorte de me former par moi-même. Car « les seules limites qui existent sont celles que l’ont s’imposent ! « 

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5 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Bélina dit :

    J’ai l’impression de lire mes propres pensées, mon vécu, dans cet article. :/ Des parents qui soutiennent qu’être écrivain n’est pas un vrai métier, etc, etc. Aujourd’hui, je me suis lancée dans la préparation d’un concours pour devenir bibliothécaire, mais ce n’est pas la voie qui m’est le plus chère… Malheureusement, on ne peut pas toujours faire ce que l’on veut. :/
    Bon courage à vous, pour vos projets, passés et futurs. 😉

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    1. Merci Belina pour tes commentaires 🙂
      pour ma part j’espère travailler en maison d’édition ou dans le milieu du multimédia et avoir ce profil éditorial.
      Merci,
      Amicalement,
      Déborah

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  2. Misseva dit :

    Personnellement j’ai 14 ans et je veux devenir écrivaine (oui j’ai découvert ce blog par hasard en faisant des recherches sur l’écriture) parce que je suis douée pour la rédaction et je veux permettre aux gens de s’évader à travers mes histoires. Mais il faut obligatoirement que je me trouve un autre métier (« pour manger » comme dirait ma mère). Au lycée j’aimerais faire un bac l (ou es mais l m’attire plus) mais après, j’hésite encore sur ce que je veux faire comme études et comme métier. Je ne veux pas spécialement être riche, je suis créative… Avez-vous des idées pour moi? J’ai aussi un blog http://blogduneplume.e-monsite.com mais avec un public plus jeune (si vous êtes quand même curieux, vous pouvez aller faire un tour…).

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    1. Bonjour Misseva,
      je te comprends tout à fait, j’avais le même rêve adolescente 🙂
      Pour ma part, je suis actuellement rédactrice en chef. Même s’il est très difficile de vivre de son art en tant qu’auteur, il est possible de vivre de l’écriture mais autrement. Tu peux te renseigner sur ces différents métiers : rédactrice web, journaliste notamment. Oui sinon en rapport avec ce que tu aimes, par exemple les métiers du livre (éditeur) ou si tu es créative pourquoi pas chef de projet ? Dans la pub, la communication. Même si on ne s’en rend pas forcément compte, les choix sont vastes.
      Je suis persuadée que tu trouveras un métier qui te correspond. Ne lâche pas ta passion 😉
      Déborah

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      1. Misseva dit :

        J’ai pensé à directrice de création et conseillère en insertion professionnelle. Est-ce que choisir un second métier qui n’a aucun rapport avec la littérature est un problème? Est-ce que je pourrais toujours écrire malgré les horaires? Dans la publicité et la communication (là ou travaillent les directeurs/directrices de création), il parait qu’on ne compte pas ses heures et quand on travaille dans l’insertion professionnelle, je ne sais pas…

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