Critique « Troubles »

troubles

Résumé

Condamnée à tort pour un meurtre qu’elle n’a pas commis, Clara se retrouve internée à l’hôpital Saint-Etienne, une prison psychiatrique dont on ne ressort pas. Dès son arrivée, on lui ôte tout ce qui fait sa personnalité : sa vie, ses affaires, son nom, sa liberté entière, à la place de laquelle on lui décerne un numéro. Mais #2432 n’est pas seule. Tout au fond d’elle, emprisonnée entre les murs de son esprit se dissimule un monstre, son autre moitié, Carla…

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Mon avis

Jennifer Provins a publié son premier livre en auto-édition grâce à ses nombreux contributeurs qui lui ont permis de remplir sa jauge sur MyMajorCompany. Etant donné que je suis son parcours depuis quelques années, il m’a paru naturel de me procurer son livre. Cependant, jamais je n’ai voulu découvrir son histoire avant de l’avoir entre les mains, bien que j’en avais l’occasion puisqu’elle a mis celle-ci d’abord sur skyblog puis les premiers chapitres sur MyMajorCompany. Pourquoi attendre si longtemps me demanderiez-vous ? Car je souhaitais savourer son univers, blottie sous mes draps, ne pas gâcher ce plaisir de la découverte.

Tout d’abord, la couverture réalisée par Tiphaine Léard est très bien faite et nous plonge immédiatement dans une ambiance obscure. Dès les premières ligne le style de Jennifer est simple mais efficace. Je me suis laissée embarquée avec délice à l’arrière de cette voiture, jusqu’à l’hôpital Saint-Etienne. L’univers dans lequel nous menait Jennifer, je le trouvais plaisant et innovant: un vieux bâtiment où la technologie est absente, où le papier est présent alors qu’il n’est visible au 23eme siècle que dans des musées. Cela semblait être un véritable retour dans le temps pour Clara. « Bienvenue en enfer #2434 » (c’est le numéro qu’elle porte désormais), je me délectais d’avance de ce huit clos.

Mais ai-je tellement attendu que j’ai idéalisé Troubles? Car peu à peu des erreurs ont commencé à apparaitre et ont fini par me gâcher ma lecture. Sans elles, cela aurait probablement été un sans faute pour Jennifer Provins, mais malheureusement je n’ai pas réussi à en faire abstraction. De mon point de vue, l’aspect psychologique n’est pas assez travaillé. Au début Clara déteste son double Carla, puis ensuite cela devient son ange gardien puis de retour elle la déteste etc… Elle n’est pas constante dans sa façon de penser, tantôt elle est innocente et fragile et tantôt elle (et non pas son double) est haineuse et méchante. De plus, elle pleure à peu près à chaque chapitre. Ces passages reviennent si souvent que cela en devient agaçant alors qu’ils devraient nous toucher. On comprend bien sûr que celle-ci est fragile mais je pense que l’auteur pourrait l’exprimer autrement et ainsi dévoiler ses larmes aux moments les plus bouleversants. Parfois Jennifer passe également assez rapidement sur des évènements qui sont censés être lourds et difficiles à supporter pour notre héroïne, ce qui nous évite de nous placer correctement dans la tête de celle-ci. Personnellement, j’en ai ressenti de la frustration.

J’ai relevé de nombreux éléments qui manquent de cohérences. Celui qui m’a le plus choqué est le manque de surveillance dans l’hôpital psychiatrique. Ils ne sont que 6 pour plus d’une centaine de fous, ils ne font pas de ronde la nuit, les détenus ne sont pas enfermés dans leur chambre et vaquent comme ils veulent dans les couloirs de l’hôpital. Il y a des caméras, mais personne ne semble derrière puisque les gardiens tardent toujours à intervenir lorsque survient des turbulences. Les règles strictes sont régulièrement enfreintes, mais il y a finalement assez peu de punitions puisqu’ils sont rarement surpris. Ou encore, nous ne comprenons pas pourquoi elle a été jugée pour « folie meurtrière » puisqu’elle n’a jamais évoqué le fait qu’elle ait une double personnalité.

La chose très positive de ce roman est que nous ne nous perdons pas dans les changements de voix entre Clara et Carla grâce à l’italique que l’auteur utilise pour différencier les deux. Nous sommes face à un duel/duo interne entre ces personnages. L’histoire en elle-même est plaisante à lire et on souhaite savoir jusqu’où cela va nous mener.

Dans l’ensemble je dirais que le livre manque d’explications. Nous sommes au 23eme siècle, Jennifer nous montre que la société a changé, mais elles ne nous dit pas pourquoi, ni comment. Pour moi, c’est un univers qui mérite d’être creusé car il est loin d’être usé. Creusé également, les pensées de Clara et de Carla. Il ne faut pas hésiter à pousser les choses jusqu’à son paroxysme pour que le lecteur tombe avec Clara dans sa folie.

J’encourage Jennifer Provins à poursuivre ses efforts et à ne pas abandonner le chemin qu’elle a emprunté.

Pour vous procurez le livre: littlemarket

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2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. kimysmile dit :

    Cette couverture est sublime !

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  2. Cricri dit :

    moi, j’ai adoré le livre et j’attend le suivant avec impatience.

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